Travailler plus pour gagner plus
On nous l'a seriné depuis
presque un an maintenant et ça s'est renforcé depuis
quelques semaines.
Les Français s'inquiètent pour
leur pouvoir d'achat, Sarkozy et son gouvernement ont leur solution,
qui doit fonctionner de cette manière :
travailler plus
--> produire plus --> vendre plus (à l'étranger
ou ici).
Mais ça ne risque pas d'aller tout seul, c'est
pour ça que le pouvoir actuel s'attaque aux acquis sociaux et
historiques.
Abaissez les coûts du travail sont pour lui une
nécessité. Sarkozy s'est présenté comme
le Président du pouvoir d'achat : mais pour qui ?
Il est
dans l'idéologie libérale qui annonce que
l'augmentation des richesses chez les plus riches se diffusent petit
à petit dans le reste de la société.
Mais
elle n'a jamais été prouvée ni aperçue
nulle part.
Les richesses se sont diffusés par la
lutte au XIXème siècle de la classe ouvrière et
des syndicats qui les guidaient. La seconde moitié du XXème
siècle a été le point culminant des droits
sociaux, institués par le gouvernement provisoire et repris
par les 2 Républiques qui l'ont suivi.
Mais depuis les
années 80, la théorie libérale venant des
Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont mis à mal les acquis
sociaux et les droits des citoyens et travailleurs. La casse des
services publics s'est développée, se justifie et
s'impose maintenant par une Union Européenne qui veut, depuis
le début de son existence, créer un marché
unique. Or TOUT n'est pas marchandable.
Les impôts sont
uniquement vus comme des coûts alors qu'ils apportent bien plus
en services publiques que ne pourraient le faire les entreprises
privées, qui ne seraient pas efficaces du tout dans certains
secteurs.
Pourtant pour la production de richesses : les
routes servent aux transports des marchandises et de la
main-d'oeuvre, les écoles forment de la main-d'oeuvre
qualifiée, les réseaux d'électricité, de
gaz et d'eau courante n'ont jamais été aussi
perfectionnés que lors de leur nationalisation, la police
assure le maintien de l'ordre et évite les vols des richesses
produites, les hôpitaux conservent la main-d'oeuvre en bonne
santé. Voilà ce que devrait se dire le grand patronnat
et les libéraux dans leur langage.
Mais avec le pouvoir
actuel on s'en éloigne. Le Président veut de
l'efficacité, un serrage des coûts de fonctionnement de
la machine publique, une casse du système de répartition
enviée par de nombreux pays dont le plus riche et le plus
influent du monde. Tout cela pour réduire les coûts du
travail, grossir le gâteau et donner de plus grosse part plus
tard. Mais y'aura-t-il redistribution ?
Les 15 milliards ont été
distribués aux plus riches cet été, les
différentes lois sur le pouvoir d'achat permettent juste de
gagner plus en produisant plus longtemps, alors que les salaires ont
quasiment pas augmenté depuis le passage aux 35 heures.
35
heures décriées à tort alors qu'elles ont permis
la création de plusieurs milliers d'emplois et ont favorisé
une intensification du travail, rendant la France un des pays les
plus productifs du monde. Mais à quel prix ? La productivité
qui augmente engendre plus de pression sur les salariés et on
en voit qui se suicide dans les grandes entreprises automobiles ou
qui dépressionent chez les cadres ou encore se blessent chez
les ouvriers.
Et il n'a pas compris que les ¾ de notre richesse proviennent de notre propre consommation. De toute façon le schéma est simple : abaissement des salaires = baisse des prix à la consommation = baisse de la consommation aussi...
Seulement la troisième partie est occultée, alors que la stagnation des salaires touchent tout le monde, donc tout le monde consomme un peut moins, ce qui risque de gripper la machine et ralentir encore plus la création de richesse.
Autre solution : abaisser les salaires pour pouvoir être compétitifs et exporter. Seulement on est dans un pays démocratique possédant une histoire sociale riche et ancienne. On ne peut pas faire face à des pays comme la Chine qui ne donnent aucun droit à leur salarié, sauf tout récemment, qui donnent des miettes à des millions d'ouvriers dans des usines qui sous-traitent les multinationales des pays riches pour réduire les prix des T-Shirt et des chaussures...
Bref parce que je m'égare là...
Le « travailler plus pour gagner plus » n'est pas la solution à long terme, seul un investissement à long terme, de la part de l'Etat dans l'éducation, la recherche fondamentale et le développement de nouvelles techniques mais aussi de la part des entreprises qui, pour les plus grandes d'entre elles doivent arrêter de faire profiter les actionnaires avec 15% de bénéfices aux boursicouteurs mais investir elles aussi dans la recherche, appliquer de nouvelles méthodes et produire d'autres choses autrement.